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Chine et investissements en énergies renouvelables.

14 December 2016

Nos « énergies vertes » ne cessent de prendre une part de plus en plus importante dans nos vies et dans la société que ce soit via nos appareils connectés se rechargeant à l’énergie solaire jusqu’aux parcs éolien et autres projets « verts ».

Delingha

Delingha :  ou le projet de la plus grande centrale solaire au monde (Chine)

Il faut d’abord définir ce qu’est une énergie verte ou renouvelable dont certaines posent des problèmes de par leur conception ou conséquences et définir ce que sont les énergies fossiles. De grandes entreprises ont émergés ou émergent dans le secteur vert mais pas seulement. En effet, un grand pays « pollueur », à savoir la Chine, s’est fortement investie dans les énergies dites renouvelables et en est leader notamment pour le solaire alors que dans le même temps, de nombreuses centrales à charbon continuent à s'ouvrir. D’autres pays ou régions ont adoptés des modes de productions dits plus propres comme en Amérique latine ou de nombreux pays investissement de manière proportionnellement importante (Honduras, Uruguay, Jamaïque) mais également le grand producteur régional qu’est le Brésil, le tout dans des énergies comme le Photovoltaïque, biomasse, éolien et notamment les barrages hydroélectriques qui sont sujets à controverses.

Qu’est-ce qu’une « énergie verte » ? sommairement nous pouvons la définir comme la production d’une énergie ne produisant aucun ou très peu de déchet. A différencier avec une énergie renouvelable que l’on peut traduire par la transformation d’une énergie primaire en électrique ou chaleur. A contrario une énergie fossile, comme le pétrole ou « or noir », est dite fossile car son temps de « production » dure plusieurs millions d’années.

Ce marché constamment en croissance a donné naissance à plusieurs grandes entreprises parfois soutenues par leur gouvernement comme Yingli (Chine) ou de grandes sociétés comme First Solar qui est l’un des plus grands fabricants de panneaux solaires au monde. D’autres sociétés sont actives dans les barrages hydroélectriques pour l’exploitation mais leur construction/exploitation peut dépendre des pays et la construction nécessite forcément une implication politique dans la mesure où certains ont des impacts évidents sur la population comme pour le barrage Itaipu Dam qui est le fruit d’une coopération Paraguay-Brésil.

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Le barrage d’Itaipu Dam

Chine : un leader du renouvelable et…du charbon.

La Chine est parmi l’un des pays ayant le plus investi ou promu certaines énergies très récemment mais de manière que l’on pourrait qualifier de « déloyale ». En effet, le 6 septembre 2012, la Commission Européenne avait ouvert une enquête anti-dumping car la Chine a manifestement financé Yingli, grand fabricant de panneaux solaires, qui vendait en grande quantité sur le marché Européen. Nous pouvons citer un communiqué de ProSun qui résumait bien la situation : « La liste des subventions chinoises examinées par la Commission européenne s'étale sur de nombreuses pages. Elles peuvent prendre la forme de rabais sur l'achat de matières premières et d'électricité, de subventions à la vente ou de financements bancaires, ce qui a créé une énorme surcapacité de production et soutient des entreprises qui ne seraient pas concurrentielles sans cela ».

Est-ce là une volonté de la Chine de vouloir promouvoir des énergies renouvelables à travers le monde ?

on peut en douter compte tenu d’autres éléments : la Chine investie ailleurs et dans tous les secteurs comme l’hydroélectrique Brésilien -> diversification économique, il faut bien investir dans autre chose que les bons du Trésor Américain, n’est-ce pas ?  ; la Chine construit encore de nombreuses centrales à Charbon qui ne tournent pas à pleine capacité; Répond à la demande intérieure et à un contrôle stratégique des ressources.

En effet, ce dernier point est très intéressant. La Chine construit depuis plusieurs années de nombreux barrages dans le Tibet ce qui retient des centaines de millions de litres d’eau « en plus » dans cette région mais et, surtout, dévie en partie certains cours en faveur de la Chine. Or, nombre de ces eaux arrivent chez le grand voisin indien et une période faible en débit pourrais entrainer à l’avenir des sécheresses et un manque d’eau dans ce pays de plus d’1 milliards d‘habitants. De quoi créer de tensions belliqueuses entre ces 2 puissances nucléaires ! Nous citerons notamment le barrage du Brahmapoutre qui suscite des inquiétudes au Bangladesh et en Inde même si Pékin se veut rassurant à ce sujet. Il n’en demeure pas moins que le château d’eau Tibétain est sous contrôle chinois et que l’or bleu (l’eau) est sujet à de plus en plus de tensions à travers le monde, l’Asie n’en fera pas exception demain.

Alors pourquoi la Chine continue à construire de nombreux barrages ?

Ses plus de 87'000 barrages devaient et doivent répondre à une forte croissance économique qui était de l’ordre de 10% mais qui s’est fortement réduite avec le ralentissement économique mondial. De nombreuses autorisations avaient été délivrées pour la construction de centrales à Charbon dans la foulée de cette croissance mais les centrales n’ont été que construites récemment. Or, la multiplication des barrages, centrales nucléaires et l’impulsion des énergies renouvelables ont fortement impacté le secteur du Charbon qui ne travaille plus qu’à 50% contre 60% en 2011. En somme, la Chine construit toutes les semaines une centrale à charbon qui ne sert à rien.

coal capacity

Parallèlement, des pays comme les Etats-Unis ont vu ce secteur s’effondrer ; Peabody, le leader du charbon, s’est placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites en 2016. L’industrie du Charbon y a beaucoup souffert au fil du temps et la baisse de l’importation du charbon par la Chine l’a d’avantage enfoncé.

A moins d’une reprise économique forte de l’ordre de 10% au moins, les centrales ne devraient augmenter leur production de manière significative et  devraient au contraire créer d’avantage de problèmes notamment en Mongolie intérieure qui serait en train de se désertifier. En effet, les mines de charbon qui approvisionnent les centrales à charbon utilisent d’énormes quantités d’eau et ont fortement désertifié la Mongolie intérieure qui a été le théâtre de révoltes en 2011, notamment de la part de la minorité Mongole qui vivait en partie sur les terres minières.

Jusqu’où vont les investissements Chinois ?

La Chine ne se contente pas de détenir des bons du trésor américain mais investi aussi dans plusieurs énergies renouvelables en Amérique Latine et ailleurs. A titre d’exemple, la China Three Gorges Corporation qui gère le plus grand barrage au monde éponyme a racheté les droits d’exploitation de 2 centrales hydroélectriques (Jupia et ilha solteira) et est devenu la 2ème plus grande entreprise productrice d’électricité au Brésil. Dans le même temps, state power Investment corporation, société d’état chinoise a racheté Hydro pacific qui opère notamment au Brésil et au Chili. Les investissements Chinois ne manquent pas en Amérique latine qui est un continent qui utilise et promeut beaucoup les énergies renouvelables à travers diverses mesures (en fonction des pays) qui peuvent aller de la libéralisation d’un secteur (Mexique par exemple) ou à travers des incitations financières. Ainsi donc le Mexique, le chili et le Brésil font partie des 10 plus grands marchés des énergies renouvelables et le dynamisme dans des énergies - autre que les énergies fossiles - est bien présent.

Citons également le cas de l’Equateur où plus de 10'000 millions de Dollars ont été investi dans diverses centrales hydroélectriques et autres constructions annexes par les Chinois. La centrale Coca Codo Sinclair construite par Sinohydro a demandé pas moins de 2'245 millions de dollars et peut produire jusqu’à 30% de l’énergie du pays.

En conclusion, Les énergies vertes et énergies renouvelables ont de beaux jours devant eux que ce soit en Amérique Latine ou en Chine qui a beaucoup investi en argent et incitations financières pour devenir un des plus grands acteurs du secteur malgré son titre de plus grand pollueur mondial. La conjoncture actuelle a ralenti le développement de ces énergies mais il est certain qu’il continuera à prendre des proportions plus importantes dans plusieurs pays malgré les conséquences secondaires néfastes que chaque une peut avoir sur les populations ou l’environnement . Dans le même temps, l'industrie du Charbon risque de décliner, même avec une hausse des cours, les énergies renouvelables étant généralement préférées.

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